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Les Mulâtres en Haïti du temps de la colonie

 
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Andie75


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PostPosted: Thu 26 Feb 2009, 23:44    Post subject: Les Mulâtres en Haïti du temps de la colonie Reply with quote

CITOYEN TOUSSAINT de Ralph Korngold Traduit de l'anglais par Pierre et Éric POUGET Première partie
Haïti avant Toussaint
CHAPITRE 5


Mulâtres et mulâtresses


Le terme courant de « mulâtre » désignait toute personne de sang mêlé blanc et noir. Il y avait, cependant, treize subdivisions — mulâtre, griffe, quarteron, tierceron, métis, mamelouque et davantage. Le rang social d'un mulâtre dépendait en une large mesure de la teneur de sang blanc dans ses veines.

Les historiens haïtiens nous disent, que dans les premiers temps de la colonie les mulâtres avaient joui d'une quasi égalité avec les blancs. Il y avait eu une loi non écrite que l'enfant d'un homme blanc et d'une esclave devenait libre à l'âge de 24 ans. Beaucoup de planteurs n'avaient, à aucun moment, considéré leur progéniture mulâtre comme des esclaves et ils les avaient pourvus de biens considérables. Les blancs et les mulâtres se fréquentaient sur un pied d'amitié et le mariage entre eux avait été fréquent. Le changement dans les rapports raciaux est supposé avoir eu lieu quand les femmes blanches commencèrent à arriver à la colonie en nombre considérable. Elles étaient presque toujours pauvres et découvraient avec chagrin que les hommes blancs préféraient leurs sœurs mulâtresses possédantes. On prétend même qu'à part les considérations de richesse les hommes blancs trouvaient les mulâtresses plus attrayantes. Les femmes blanches arrivèrent à afficher un tel mépris envers les unions interraciales (du moins quant à celles de caractère légal), que les hommes en furent contaminés et les barrières raciales s'élevèrent.

Les mulâtres ne pouvaient occuper de fonction publique, ni exercer aucune carrière libérale. Certaines professions spécialisées leur étaient même fermées. Il leur fallait servir trois ans dans la milice et fournir leur propre équipement. A l'église, au théâtre, dans un transport public, il leur fallait occuper des places spéciales. Ils n'avaient pas le droit de porter certaines sortes de vêtements et de bijoux, et ne pouvaient rouler en voiture. S'ils montaient à cheval, il leur fallait descendre de cheval avant d'entrer dans une ville ou un bourg. Il était défendu de les appeler «Monsieur» ou «Madame». Un homme blanc pouvait insulter ou battre un mulâtre impunément. Une plainte aux autorités aurait été sans effet et gare à lui s'il essayait de rendre la pareille; un mulâtre qui levait la main sur un blanc courait le risque de se voir couper la main. Cette loi, il est vrai, était tombée en désuétude, mais peu de temps avant la Révolution, un mulâtre affranchi fut vendu comme esclave pour avoir frappé un homme blanc.

Avec l'interdiction de pratiquement toutes les voies d'avancement social, excepté l'acquisition de la propriété, les mulâtres de Saint-Domingue firent ce que les Juifs avaient fait en semblable circonstance — ils se consacrèrent à amasser de la fortune. En 1790 ils se vantèrent de posséder le tiers de la terre et le quart des esclaves. Cette prétention a été mise en question, mais un rapport des administrateurs de la colonie, envoyé en 1755 au ministre de la Marine, semble le confirmer. Nous y lisons :

«Leur mode de vie économe leur permet de mettre de côté chaque année une bonne partie de leurs gains et d'accumuler ainsi un capital considérable. Quand une propriété est mise aux enchères, ils surenchérissent jusqu'à ce que le prix atteigne un chiffre astronomique. Les blancs ne possédant pas autant d'argent qu'eux ne peuvent l'acheter ou, s'ils l'achètent, se trouvent ruinés. Dans de nombreuses régions, les plus belles propriétés sont tombées entre leurs mains. Ils sont d’autant plus arrogants qu'ils sont plus riches. Si des mesures appropriées ne sont pas prises, le moment n'est pas éloigné où ils parviendront à s'allier aux familles, les plus distinguées du royaume, de sorte qu’un mulâtre pourrait finalement devenir membre d'une famille dont sa mère avait été l'esclave.»

De riches mulâtres parvenaient quelques fois à franchir la barrière de couleur. L'aversion de Napoléon pour la race de couleur, peut, en partie, avoir été due au fait qu’il ne se réjouissait pas d'avoir un beau-frère mulâtre. Une sœur de l’impératrice Joséphine avait épousé un mulâtre appelé Castaigns. Il y avait quelque deux cents hommes blancs dans la colonie mariés à des mulâtresses. En 1788, un édit royal interdit le mariage entre les blancs et les mulâtres ou les nègres.

Les propriétaires mulâtres d’esclaves identifiaient leurs intérêts avec ceux des planteurs blancs et avaient la réputation d'être des intendants encore plus durs que leurs collègues blancs.

Le recensement de 1774 de Saint-Domingue enregistre plus de sept mille mulâtresses dont cinq mille sont classées comme concubines de blancs. Puisqu’il y avait deux fois plus d'hommes blancs que de femmes blanches à la colonie, ce n'est pas surprenant. Une concubine mulâtre était, à vrai dire, aussi nécessaire à un planteur marié qu'à un célibataire. Elle était le lien entre la maison de la plantation et le quartier des esclaves. Avec deux ou trois hommes blancs vivant sur une plantation isolée, au milieu de cent fois plus d’esclaves, ce lien était indispensable. La sécurité du planteur et de sa famille dépendait souvent de la loyauté de la concubine.

Les mulâtresses passaient pour vaniteuses, extravagantes et lascives, mais aussi pour aimables, généreuses et compatissantes. Elles étaient bien plus adroites que leurs sœurs blanches dans l'art d'attirer les hommes et garder leur intérêt. Elles avaient davantage de gaieté et de vitalité, étaient plus accommodantes et moins exigeantes. Les femmes blanches trouvaient leur goût
vulgaire, mais les hommes aimaient l'originalité avec laquelle elles coiffaient et arrangeaient leurs cheveux.

Un jour, les femmes blanches portèrent un grand coup à leurs rivales en amenant les autorités à émettre un décret interdisant aux mulâtresses d'apparaître en public vêtues de vêtements de soie et sans un mouchoir noué autour de la tête. L'abbé Grégoire dit que des gardes furent postés dans les rues et aux portes des églises, qui arrachaient les vêtements des mulâtresses portant les atours défendus «jusqu’à ce qu'elle ne fussent plus revêtues que de leur modestie.» Les mulâtresses répliquèrent en cessant de sortir. Le résultat sur le commerce fut si désastreux que les commerçants exigèrent et obtinrent la révocation du décret.


Source : http://getup.free.fr/Toussaint/Toussaint.htm





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