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La fille du peuple de Jean Bertrand Aristide

 
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MéliA438
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MessagePosté le: Sam 20 Déc 2008, 01:10    Sujet du message: La fille du peuple de Jean Bertrand Aristide Répondre en citant

12-6-2002
 
Mildred Trouillot Aristide
a.k.a. "Mille Douettes"
 
La fille du peuple de Jean Bertrand Aristide


La question de couleur est dépassée
Par Jean Érich René

Dans un monde où les frontières entre nations tendent à disparaitre afin de faciliter le libre échange des biens et des services, il est malséant de soulever la question de couleur. En Haiti ce problème a souvent servi de tremplin à certains acteurs en quête de leadership. Le conflit noir mulâtre a longtemps alimenté une ridicule polémique entre libéraux et nationaux et retardé l’avancement économique et social du peuple haitien.
Au troisième millénaire il nous faut jeter les défroques du passé, faire peau neuve en concentrant nos efforts sur nos capacités de production. Haiti est le seul PMA de l’Hémisphère Nord. Une telle étiquette devrait nous inciter à nous dépouiller de certaines mesquineries tout en nous fixant des objectifs beaucoup plus nobles afin de rattraper notre retard. Soulever la question de couleur dans un contexte mondialisant témoigne d’un vide idéologique abyssal.
Si vers les années 1950, la question de couleur était prioritaire, de nos jours la formule Noirs versus Mulâtres ne peut faire aucune recette. Cette formule politique dévastatrice est démodée comme les voitures à deux temps et les camions à manivelle. Même les analphabètes ne sont plus bêtes. Ils comprennent très bien la formule diviser pour régner trop souvent utilisée par nos politiciens en panne de leadership.
Les lamentations du prophète sur le sort des pauvres ne retiennent plus leurs attentions. Quant aux jeunes Haïtiens et aux jeunes Haïtiennes qui grâce aux moyens modernes de communication se frottent quotidiennement et indifféremment avec les blancs, les jaunes, les rouges, ils ne comprennent même pas de quoi parle Aristide.
Les jeux sont très clairs aux yeux de tous. L’histoire d’Haiti nous enseigne que tous les politiciens haitiens qui ont agité la question de couleur sont atteints du complexe de Guacanagaric.
Par le phénomène des sons contraires ils ont tous leurs femmes ou leurs maitresses mûlatresses. Par un curieux paradoxe leurs fils ne suivent pas leur idéologie noiriste et se retrouvent presque toujours sous les bras d’une grimelle. Aristide ne fait pas exception à la règle. Comment ose-t-il aiguiser la colère du peuple contre les mulâtres, en présence de sa charmante femme métisse.
En tentant de relancer le conflit Noir/ Mulâtre aux Cayes, Aristide a voulu reprendre le cri de Dessalines dans le Sud: "Et les Noirs dont les pères sont en Afrique n’auront-ils donc rien". En associant couleur et pauvreté Aristide cherche un second souffle pour redorer son blason. Il a râté piteusement son tir car les temps ont bien changé. Douze ans après avoir lancé son discours anti-bourgeois qui avait fait recette auprès des démunis aucun changement n’a été produit. Au contraire du côté des pauvres le nombre de poitrinaires a augmenté tandis que du coté du gouvernement lavalas on compte des millionaires.
Poser l’équation politique haitienne en termes de Noirs versus Mulâtres est un exemple de crétinisme parfait. Aristide vient de prouver qu’il ne suit pas les moments de l’Histoire. Il est en retard de phase. Il pense qu’il est le plus intelligent et tous les autres sont des imbéciles. La nouvelle de sa colossale fortune est diffusée dans toutes les couches sociales. Jean Jacques Acaau disait déjà: Nèg rich se mulatre, mulatre pauvre se Nèg.
Le parallélisme épidermique dont parle Aristide s’est complètement décalé avec le temps. Les noirs et les mulâtres sont au même diapason. Les deux subissent les conséquences funestes de la dérive lavalassienne. Les deux ont perdu leurs parts sociales dans les coopératives. Les deux sont victimes de la barbarie des chimères. C’est pouquoi son appel n’a eu aucun écho.
Depuis quand la texture des cheveux et les nuances épidermiques constituaient des critères de compétence. Ce sont des arguments spécieux invoqués par les acrobates de la politique haitienne pour nous jeter en pleine confusion et dérober les deniers publics, au cours de la cabale.
Que les haitiens soient noirs ou mulâtres cela importe peu car la matière est grise. Que leurs cheveux soient graines de poivre ou soyeux, l’arithmétique politique est toujours la même. Il nous faut des dirigeants politiques bien imbus de leurs tâches. La formation académique, l’expérience professionnelle, l’honnêteté sont les seuls indicateurs valides.
Pourquoi cette haine injustifiée et ridicule contre les mulâtres? Pour réaliser l’indépendance d’Haïti en 1804 le concours du Général Pétion était indispensable. Les mulâtres et les noirs ont construit ce pays et ont garanti son indépendance pendant deux siècles en dépit des antagonismes de classe. Pourquoi tisonner cette querelle moribonde qui n’a aucun sens maintenant? Noirs et Mulâtres sont en train d’évoluer en parfaite harmonie dans tous les compartiments de la société haïtienne.
On a toujours tendance à accuser les mulâtres de détenir les richesses du pays. Mais, il est un fait certain que certains métis ont fait preuve d’une culture entrepreunariale extraordinaire. Ils prospèrent surtout dans le commerce et l’industrie tandis que la bourgeoisie noire est plutôt une bourgeoisie de fonctionnaires.
Exception faite de certains membres de l’élite noire qui ont fait fortune dans l’Agriculture, les autres sont presque tous des salariés. Des entrepreneurs noirs de la trempe de Thomas Désulmé ne se recrutent pas facilement au niveau de l’élite intellectuelle haitienne majoritairement noire et beaucoup plus intéressée aux postes de l’administration publique et aux fonctions électives.
Comme paysan de Port Salut Jean Bertrand Aristide connait mieux que quiconque les mulâtres. Comme il l’a si bien défini ce sont des gens à la peau claire et aux cheveux de soie. Mais paradoxalement les mulâtres de Port Salut sont pauvres. Ils s’adonnent à la poterie, à la confection de cruches, de canaries, de pipes en terre cuite. Ils tressent les cordes et s’intéressent à la vannerie.
Pour sa complète édification Jean Bertrand Aristide n’a qu’à se rendre à Fond des Blancs et à Casale pour rencontrer des paysans mulatres sans aucune fortune. Ils s’adonnent comme tout le monde aux travaux agricoles et aux affaires courantes. Associer mulâtre à richesse et paysan à pauvreté est une formule politique cannibale concue pour produire un mélange détonnant afin d’ engloutir la classe politique.
Dans une hypothèse de développement économique d’Haïti, ceteris paribus, il faut initier les jeunes Haïtiens sans exclusive à l’esprit d’entrepreneurship en orientant leur formation dans le sens d’une économie de l’éducation. Il faut changer le curriculum de l’école haïtienne qui ne produit que des intellectuels au bec fin et des politiciens sans aucune envergure ni surface.
Ils connaissent la littérature française mieux que les Français et l’histoire de la Rome antique davantage que les Italiens. Ils apprennent les mathématiques sans jamais s’en servir en dehors des calculs élémentaires comme l’addition, la soustraction, la multiplication et la division. Il leur faut des connaissances mieux adaptées aux besoins du marché des biens et des services.
La question de couleur qui a entrenu des conflits larvés entre Noirs et Mulâtres en Haïti pendant deux siècles par le truchement de politiciens en quête d’un tremplin pour lancer leurs campagnes est aujourd’hui dépassée.
Cette discrimination épidermique engonce la machine du développement économique. Ce discours est surtout privilégié par des orateurs à cours d’argument mais en quête de sensationnel. A l’ère de la mondialisation où même l’économie devient virtuelle, colorer la gestion politique d’Haïti témoigne d’un nainisme mental et d’un infantilisme intellectuel sans pareil.
Il nous faut éclater cette structure mentale régressive, sortir des sentiers battus afin d’écrire une nouvelle page d’Histoire. Pour construire le chantier de l’espoir il nous faut l’apport de tous les fils de la nation sans exception aucune. Il nous faut emprunter aux abeilles leur éclectisme afin de transformer Haïti en une véritable ruche bourdonnante. En nous inspirant de Saint Simon nous conseillons aux frelons de s’abstenir car la question de couleur est définitivement dépassée.

Email: moun@moun.com



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MessagePosté le: Sam 20 Déc 2008, 01:10    Sujet du message: Publicité

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